Le petit Cheval vert

Un jour, c'était un homme qui avait sept garçons. Six s'en sont allés, mais le dernier est resté à la maison. Il a demandé à son père de lui acheter un petit cheval pour aller trouver ses frères. Son père lui a acheté un petit cheval vert. Ils n'ont pas trouvé à s'engager. Ils ont été coucher dans un hôtel. Les sept garçons étaient couchés dans une rangée et les sept filles de la femme qui gardait l'hôtel étaient couchées dans une rangée. Les filles avaient des bonnets blancs et les garçons avaient des bonnets rouges, Le petit cheval vert avait dit à Tit-Jean de changer les bonnets. Quand ils étaient tous endormis, Tit-Jean a changé tous les bonnets. Pas longtemps après, la mère des filles est arrivée avec un grand, grand, grand couteau. Elle est venue aux garçons pour leur couper la tête et elle s'est aperçue qu'ils avaient des bonnets blancs. Alors elle vire de bord et elle coupe les têtes de ses filles. Aussitôt qu'elle est descendue et s'est endormie, Tit-Jean a réveillé tranquillement ses frères. Le sang coulait partout dans la chambre. Comme ils embarquaient sur leurs chevaux et Tit-Jean sur son petit cheval vert, la femme arriva pour les poigner. Ils se sont sauvés.

Tous les sept se sont engagés chez un roi. Tit-Jean s'est engagé pour soigner les chevaux. Il avait bien soin des chevaux ; ils étaient bien gras. Le roi aimait Tit-Jean. Ses frères étaient jaloux de lui. Ils ont dit au roi que Tit-Jean. était capable d'aller chercher un baril de boisson qui ne se vide jamais.

Le roi dit à Tit-Jean :

« Tu as dit que tu irais chercher un baril de boisson qui ne se vide jamais.

- Sire, mon roi, je n'ai pas dit ça. - Il faut que tu ailles ou tu seras pendu à ma porte demain matin. »

Tit-Jean est allé trouver son petit cheval vert qui lui a dit que le baril de boisson était chez la bonne femme toute-de-travers, dans Ia cave. « Goûtes-y pas ! Si tu y goûtes, tu vas te faire poigner. »

Tit-Jean a goûté à la boisson. Il s'amusait quand la bonne femme toute-de-travers descendait l'escalier. II y avait une grosse poignée de clefs sur une table. Tit-Jean les a prises et les a tirées dans la face de la bonne femme. (1) Elle a culbuté dans l'escalier. Tit-Jean a pris le baril de boisson, a sauté sur son petit cheval vert et s'est sauvé. Il est allé trouver le roi et lui a donné le baril de boisson. 

Le lendemain ses frères ont dit au roi que Tit-Jean était capable d'aller trouver la Belle-aux-cheveux-d'or. Le roi dit à Tit-Jean : « Si tu ne trouves pas la Belle-aux-cheveux-d'or, tu seras pendu à ma porte demain matin. »

Tit-Jean est allé trouver son petit cheval vert. Le petit cheval lui a dit de faire faire deux robes, une couleur de lune et l'autre couleur de soleil. « La Belle-aux-cheveux-d'or va venir au bord de I' eau. Laisse-lui mettre les deux manches avant de la prendre. Sinon, tu vas la perdre. »

Tit-Jean a fait faire les deux robes et est allé au bord de l'eau. Il lui a fait essayer la robe couleur de lune, mais il est venu pour la peigner avant qu'elle eût mis la deuxième manche et elle s'est enfoncée dans l'eau. Elle est revenue. Tit-Jean lui a fait essayer la robe couleur de soleil. II lui a laissé mettre les deux manches. Il l'a poignée et l'a embarquée sur son petit cheval vert et l'a emmenée au roi.

Le roi, quand il a vu la Belle-aux-cheveux-d'or, était très content, mais il savait qu'il n'était pas beau et qu'il était vieux. Les frères, qui étaient encore plus jaloux de Tit-Jean, dirent au roi que Tit-Jean était capable d'aller chercher l'eau qui embellit et l'eau qui rajeunit. Le roi lui dit d'aller trouver l'eau ou qu'il sera pendu à sa porte le lendemain matin.

Tit-Jean est allé trouver son petit cheval vert qui lui a dit qu'il la trouverait chez le mari de la bonne femme toute-de-travers. Il lui a dit d'apporter des galettes. Il lui a dit qu'il y trouverait des oiseaux, mais de ne pas les poigner, ni de leur faire mal. Tit-Jean y est allé et quand il a vu les oiseaux il leur a égrené des galettes. Quand le mari de la bonne femme toute-de-travers est arrivé, il a demandé aux oiseaux ce que cet homme leur a fait. Les petits oiseaux ont dit qu'il leur avait donné à manger. Le mari est très content. Tit-Jean demande alors au mari l'eau qui embellit et du poison. Tit-Jean est allé chez le roi. Il lui a donné I' eau qui embellit. Le roi a bu l'eau et il est allé se regarder dans le miroir. Il s'est trouvé très beau.

« Avant de vous donner l'eau qui rajeunit, lui dit Tit-Jean, vous allez me donner un papier signé de votre main et de votre sang qu'après votre mort tout m'appartiendra. »

Le roi lui a fait le papier. Ensuite Tit-Jean lui a donné l'eau qui rajeunit, mais c'était du poison. Le roi a bu le poison et il a commencé à enfler, à enfler, à enfler, à enfler. Il est devenu gros, gros, gros, gros, GROS. Enfin son ventre s'est fendu. Ça a fait un gros paf ! Le roi est mort.

Tit-Jean a hérité de la Belle-aux-cheveux-d'or et de tout le château. Il a renvoyé ses six frères. 

1) Lancées à la face de la bonne femme.

Conté par Mme veuve Fortier.

Marie-Ursule, Le petit Cheval vert dans Civilisation traditionnelle des Lavalois (1951), p 219.

Fiche conte-type AT531 - La Belle aux Cheveux d'Or

https://le-conte-merveilleux.fr/contes-merveilleux/#conte=AT531

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