Comorre (1)

Bien longtemps avant la révolution, on dit que Vannes était une ville encore plus belle et plus grande, et qu'à la place de monsieur le préfet, il y avait un roi qui était maître de tout ! Ceux qui m'ont raconté les choses que je vais vous redire ne m'ont pas appris son nom ; mais il paraît que c'était un homme craignant Dieu et dont on n'avait jamais mal parlé dans le pays.

Il était veuf depuis longtemps et vivait heureux avec sa fille, qui passait pour la plus belle créature du monde entier. On l'appelait Triphyna. Ceux qui l'ont connue ont assuré qu'elle était arrivée jusqu'à l'âge où l'on met les gens dans leurs biens (2) sans avoir commis un seul péché mortel ! Aussi le roi son père eut-il mieux aimé perdre ses chevaux, ses châteaux et toutes ses fermes, que de voir Triphyna mécontente de vivre.

Cependant, il arriva qu'un jour des ambassadeurs de Cornouaille se firent annoncer. Ils venaient de la part de Comorre, prince puissant de ce temps-là, qui régnait sur le pays du blé noir comme le père de Triphyna régnait sur le pays du blé blanc (3).Après avoir offert en présent à ce dernier du miel, du fil et une douzaine de petits pourceaux, ils lui déclarèrent que leur maître était venu à la dernière foire de Vannes, déguisé en soldat, qu'il avait vu la jeune princesse, et qu'il en était tombé si terriblement amoureux (4) qu'il la voulait en mariage, quoi qu'il pût lui en coûter !

Cette demande jeta le roi et Triphyna dans un grand chagrin ; car le comte Comorre était un géant qui passait pour le plus méchant homme que Dieu eut créé depuis Caïn. Tout jeune, il s'était habitué à trouver son plaisir dans le mal, et, telle était sa malice que, lorsqu'il sortait du château, sa mère elle-même courait tirer la corde du beffroi pour avertir les gens du pays de se garder. Plus tard, quand il fut devenu le seul maître, sa cruauté n'avait fait que grandir. On racontait qu'un matin, en partant, il avait essayé son fusil sur un enfant qui allait conduire un poulain à la friche et qu'il l'avait tué ! D'autres fois, lorsqu'il revenait de la chasse sans avoir rien pris, il découplait ses chiens contre les pauvres gens attardés dans la campagne, et les faisait déchirer comme si c'eût été des bêtes fauves. Mais le plus horrible, c'est qu'il avait eu successivement quatre femmes qui étaient mortes tout d'un coup et sans avoir reçu les derniers sacrements si bien qu'on le soupçonnait de les avoir tuées avec le couteau, le feu, l'eau ou le poison !

Le roi de Vannes répondit donc aux ambassadeurs que sa fille était trop jeune et de -trop faible santé pour changer de condition ; mais les Kerne-wods répliquèrent brusquement, comme c'est leur coutume, que le comte Comorre ne croirait point à ces excuses, et qu'ils avaient ordre, s'ils ne ramenaient point la jeune princesse, de déclarer la guerre au roi de Vannes. Celui-ci répondit qu'ils étaient les maîtres. Alors, le plus vieux des envoyés alluma une poignée de paille qu'il jeta au vent, en disant que la colère de Comorre passerait ainsi sur le pays du blé blanc ; après quoi il partit avec les autres (5).

Le père de Triphyna, qui était un homme de courage, ne s'épouvanta pas pour une pareille menace, et il réunit tous les soldats qu'il put trouver, afin de défendre sa terre. Mais peu de jours après, il sut que 'e comte de Cornouaille conduisait contre Vannes une puissante armée. Il l'aperçut bientôt en effet qui s'avançait avec des trompettes et des canons. Il se mit alors à la tête de ses gens, et la bataille ne pouvait tarder quand saint Veltas (6) alla trouver Triphyna qui priait dans son oratoire.

Le saint portait le manteau qui lui avait servi de navire pour traverser la mer, et le bourdon qu'il y avait attaché en guise de mât afin de cueillir le vent (7). Une auréole de feu voltigeait autour de son front. Il annonça à la jeune princesse que ceux de Vannes et de Cornouaille étaient au moment de s'entretuer, et lui demanda si elle ne voulait point empêcher la mort de tant de chrétiens en consentant à devenir la femme du comte Comorre.

—Hélas ! c'est donc la mort de ma joie et de mon repos que Dieu demande ? s'écria la jeune fille en pleurant. Pourquoi ne suis-je pas une mendiante ! Je me marierais du moins au mendiant que j'aurais choisi (8) ! A h! si c'est la volonté du maître de la terre que j'épouse ce géant qui me fait peur, dites pour moi^ saint homme^ l'office des trépassés ; car le comte me tuera comme il a fait de ses autres femmes.

Mais saint Veltas lui dit :

— Ne craignez rien. Triphyna. Voici une bague d'argent aussi blanche que le lait, et qui vous servira d'avertissement ; car, si Comorre projetait quelque chose à votre détriment, elle deviendrait aussi noire que l'aile du corbeau. Ayez donc courage, et sauvez les Bretons de la mort.

La jeune princesse, rassurée par le présent de cet anneau, consentit à ce que demandait Veltas.

Le saint retourna sans retard vers les deux armées pour annoncer à leurs chefs cette bonne nouvelle. Le roi de Vannes ne se souciait guère de consentir au mariage, malgré la résolution de sa fille ; mais Comorre lui fit tant de promesses, qu'il l'accepta enfin pour gendre.

Les noces furent célébrées avec des réjouissances telles qu'on n'en a jamais vu depuis dans les deux évéchés. Le premier jour, on nourrit six mille invités, et, le lendemain, on reçut autant de pauvres, que les nouveaux mariés servirent à table, la serviette sur le bras, malgré leur haut rang (9) ! Ensuite il y eut des danses pour lesquelles on avait appelé tous les sonneurs de la basse Bretagne, et des luttes où ceux de Brévelay mirent à terre les Kernewods.

Enfin, quand les marmites furent vides et les barriques sur la lie, chacun s'en retourna dans ses terres, et Comorre emmena avec lui la jeune mariée, comme un épervier qui emporte un pauvre bruant! Pendant les premiers mois cependant, son amour pour Triphyna le rendit plus doux qu'on ne devait l'attendre de sa nature. Les prisons du château restèrent vides et les fourches de justice sans pâture pour les oiseaux. Les gens du comte se disaient tout bas :

— Qu'a donc le seigneur, qu'il n'aime plus les larmes ni le sang !

Mais ceux qui le connaissaient mieux attendaient sans rien dire. Triphyna elle- même, malgré la bonté du comte pour elle, ne pouvait se rassurer ni prendre aucune joie. Tous les jours elle descendait à la chapelle du château, et là, elle priait sur les tombes des quatre femmes dont Comorre s'était fait veuf, en demandant à Dieu de la préserver de rude mort (10).

Il y eut vers ce temps-là une grande assemblée de princes bretons à Rennes, et Comorre fut obligé de s'y rendre. Il donna à Triphyna toutes les clefs du château, même celles de la cave ; il lui dit de se distraire à sa fantaisie, et partit avec une grande suite.

Il ne revint qu'au bout de cinq mois, et arriva grandement pressé de revoir Triphyna dont il avait eu souci pendant toute son absence. Aussi ne prit-il point le temps de la faire prévenir de son retour, et se présenta-t-il dans sa chambre au moment où elle taillait un petit bonnet de nouveau-né garni de dentelles d'argent.

En voyant le bonnet, Comorre pâlit et demanda quel devait être son usage. La comtesse qui croyait lui mettre une grande joie au cœur, déclara qu'avant deux mois ils auraient un enfant ; mais à cette nouvelle le seigneur de Cornouaille recula, hors de lui, et après avoir regardé Triphyna d'un air terrible, il sortit brusquement sans rien dire.

La princesse eut pu croire que c'était un caprice, comme le comte en avait quelquefois, si elle ne se fut aperçue, en baissant les yeux, que sa bague d'argent était devenue noire ! Elle poussa un cri d'épouvante, car elle se rappelait les paroles de saint Veltas et elle comprit qu'un grand danger la menaçait.

Mais elle ne pouvait deviner pourquoi, ni trouver le moyen d'y échapper. La pauvre femme demeura tout le reste du jour et une partie de la nuit à cher- cher d'où venait la colère du comte ; enfin, comme son angoisse augmentait, elle descendit à la chapelle pour prier.

Mais voilà qu'après avoir fini son chapelet, et lorsqu'elle se levait pour partir, minuit sonna à l'horloge ! Au même instant, elle vit les quatre tombes des quatre femmes de Comorre s'ouvrir lentement, et celles-ci en sortir couvertes de leurs draps mortuaires !

Triphyna, à demi morte, voulut fuir, mais les fantômes s'écrièrent :

— Prends garde, pauvre perdue, Comorre t'attend pour te tuer !

— Moi ! dit la comtesse, et que lui ai je fait pour qu'il veuille ma mort ?

— Tu Tas averti que dans deux mois tu serais nourrice, et il sait, grâce à l'esprit du mal, que son premier enfant le tuera. Voilà pourquoi il nous a ôté la vie, quand il a appris de nous ce qu'il vient d'apprendre de toi !

— Seigneur ! se peut-il que je sois tombée dans des mains si cruelles ? s'écria Triphyna en pleurant ; s'il en est ainsi, quel espoir me reste-t-il, et que puis-je faire ? 

— Va retrouver ton père au pays du blé blanc, répondirent les fantômes.

— Comment fuir ? reprit la comtesse j le chien géant de Comorre garde la cour.

— Donne-lui ce poison qui m'a tuée, dit la première morte.

— Et par quel moyen descendre au bas de la haute muraille? demanda la jeune femme.

— Sers-toi de cette corde qui m'a étranglée, répondit la seconde morte.

— Mais qui me dirigera dans la nuit ? reprit la princesse.

— Cette flamme qui m'a brûlée, répliqua la troisième morte.

— Et comment faire un si long chemin ? dit encore Triphyna.

— Prends ce bâton qui a brisé mon front, acheva la dernière morte.

La femme de Comorre prit le bâton, la flamme, la corde, le poison ; elle fit taire le chien, elle descendit la haute muraille, elle vit clair dans la nuit, et elle prit la route de Vannes où demeurait son père.

Comorre, qui ne la trouva pas le lendemain en se réveillant, envoya son page dans toutes les chambres pour la chercher; mais le page revint dire que Triphyna n'était plus au château. Alors le comte monta à la tour du milieu (11), et regarda aux quatre vents.

Du côté de la demi-nuit (12) , il vit un corbeau qui croassait ; du côté du lever du soleil, une hirondelle qui volait ; du côté du milieu du jour, un goéland qui planait ; et du côté du jour couchant une tourterelle qui fuyait.

Il s'écria aussitôt que Triphyna était dans cette direction, et, ayant fait seller son cheval, il se mit à sa poursuite.

La pauvre femme était encore sur la lisière du bois qui entourait le château du comte ; mais elle fut avertie de l'approche de celui-ci en voyant la bague noircir. Alors elle se jeta dans les landes et arriva à la cabane d'un gardien de moutons où il n'y avait qu'une vieille pie suspendue dans sa cage. 

La pauvre affligée demeura là tout le jour, se plaignant et priant ; enfin, la nuit venue, elle reprit sa route par les sentiers qui côtoyaient les lins et les blés.

Comorre, qui avait suivi le grand chemin, ne put la rencontrer ; et après avoir marché deux jours, il s'en revint sur ses pas jusqu'à la lande. Mais là, par malheur, il entra dans la cabane du berger, et entendit la pie qui essayait à imiter les plaintes qu'elle avait entendues, en répétant :

— Pauvre Triphyna ! pauvre Triphyna !

Comorre sut ainsi que la comtesse avait passé dans cet endroit ; il appela son chien fauve, lui dit de chercher les pistes et se mit à le suivre.

Pendant ce temps, Triphyna, poussée par la peur, avait toujours marché et était arrivée près de Vannes. Mais là, elle sentit qu'elle ne pouvait aller plus loin ; elle entra dans un bois, se coucha sur l'herbe, et mit au monde un enfant merveilleuse- ment beau, qui fut appelé plus tard saint Trever. 

Comme elle le tenait dans ses bras, pleurant moitié de bonheur, moitié de tristesse, elle aperçut un faucon, qui portait un collier d'or. Il était perché sur un arbre voisin, et elle reconnut le faucon de son père, le roi du pays où vient le blé blanc. Elle appela bien vite, par son nom, l'oiseau qui descendit sur ses genoux, et elle lui présenta la bague d'avertissement donnée par saint Veltas, en lui disant :

— Faucon, vole vers mon père et porte-lui cet anneau ; quand il le verra, il comprendra que je cours quelque grand danger; il ordonnera à ses soldats de monter à cheval et tu les conduiras ici pour me sauver.

L'oiseau comprit, saisit la bague et s'envola comme un éclair du côté de Vannes.

Mais presque au même instant, Comorre paraissait sur la route avec son chien fauve, qui suivait toujours la piste de Triphyna ; et, comme celle-ci n'avait plus la bague pour l'avertir, elle ne sut rien qu'en reconnaissant la voix du tyran qui encourageait le chien. La pauvre innocente sentit le froid parcourir ses os. Elle n'eut que le temps d'envelopper le nouveau-né dans son manteau, pour le cacher au creux d'un arbre, et Comorre parut sur-son cheval barbu à l'entrée de la clairière.

En voyant Triphyna, il poussa un cri pareil à celui des bêtes fauves, s'élança vers la malheureuse qui était tombée à genoux ; et, d'un seul coup de son couteau à tuer (13), il lui détacha la tête des épaules.

Croyant s'être ainsi débarrassé de la mère et de l'enfant, il siffla son chien et repartit pour la Cornouaille.

Mais le faucon était arrivé à la cour du roi de Vannes, qui dînait avec saint Veltas ; il vola vers la table et laissa tomber l'anneau' d'argent dans la coupe de son maître. Celui-ci ne l'eut pas plutôt reconnu, qu'il s'écria :

—Goa (14) ! il est arrivé quelque malheur à ma fille, puisque le faucon me rapporte sa bague ! Qu'on sangle vite les chevaux, et que Veltas nous accompagne ; car j'ai peur que nous n'ayons bientôt besoin de son secours.

Les serviteurs obéirent promptement et le roi partit avec le saint et une troupe nombreuse. 

Ils allaient tous au galop de leurs chevaux, suivant le vol du faucon, qui les conduisit à la clairière où ils trouvèrent Triphyna morte et son enfant vivant.

Le roi se jeta à bas de son cheval, en poussant des cris à faire pleurer les chênes ; mais saint Veltas lui imposa silence.

— Taisez-vous, dit-il, et priez Dieu avec moi, il peut encore tout réparer.

A ces mots, il se mit à genoux avec tous ceux qui se trouvaient présents, et, après avoir adressé au ciel une prière fervente, il dit au cadavre :

— Lève-toi !

Le cadavre obéit.

— Prends ta tête et ton enfant, ajouta le saint, et suis-nous au château de Comorre.

La morte fit ce qui lui était ordonné.

Alors, la troupe épouvantée remonta à cheval et fit force d'éperons vers la Cornouaille. Mais, quelque rapide que fut sa course, la femme décapitée se trouvait toujours en avant, tenant son fils sur le bras gauche, et sur le bras droit, sa tête pâle.

Ils arrivèrent tous ainsi devant le château du meurtrier. 

Comorre qui les avait vus venir, fit relever le pont. Saint Veltas s'approcha des fossés avec la morte, et s'écria à haute voix :

— Comte de Cornouaille, je te ramène ta femme telle que ta méchanceté l'a faite et ton enfant tel que Dieu te l'a donné. Veux-tu les recevoir sous ton toit ?

Comorre garda le silence. Saint Veltas répéta les mêmes paroles une seconde fois, puis une troisième, et, comme aucune voix ne répondait, il prit le nouveau-né sur le bras de la morte et le posa à terre. Alors on vit une merveille qui prouvait la toute- puissance de Dieu, car l'enfant marcha seul, librement, jusqu'au bord du fossé, y prit une poignée de sable, et, la lançant contre le château, s'écria :

— La Trinité fait justice !

Au même instant, les tours s'ébranlèrent avec un grand fracas, les murs s'entrouvrirent, et le château entier s'affaissa sur lui-même, ensevelissant le comte de Cornouaille et tous ceux qui avaient aidé à ses crimes.

Saint Veltas replaça ensuite la tête de Triphyna sur ses épaules, lui imposa les mains, et la sainte femme revint à la vie au grand contentement du roi de Vannes et de tous ceux qui étaient présents (15).


1) Nous devons faire observer ici que la tradition populaire s'écarte, en beaucoup de points, de la version écrite donnée par Albert de Morlaix. Le récit des Discrevellcrs est comme d'habitude beaucoup plus détaillé, plus merveilleux, plus dramatique surtout que celui du légendaire. Nous renverrons, du reste, ceux qui voudront en faire la comparaison, à la version d'Albert de Morlaix.

2)Majorité. Les Bretons désignent une personne majeure par cette expression : den a dra ou lekësalen e dra, c'est-à-dire l'homme de sa chose ou mis en possession de sa chose

3) Le nom breton de Vannes, Gwen-ed, signifie mot à mot blé blanc.

4) Caret terrupl, expression usuelle pour aimer éperdument.

5) Cette forme de déclaration de guerre, conservée par la tradition, est curieuse ; nous ne l'avons vue nulle part ailleurs. Les féciaux romains lançaient sur le territoire ennemi un javelot passé au feu ; au moyen âge, on jetait le gantelet de fer, on se mordait le doigt ; les sauvages de l'Amérique du Nord envoient, comme les Scythes, des faisceaux de flèches ; le nombre de celles-ci indique celui des combattants ; mais la paille enflammée jetée sur le territoire ennemi est une symbolisation particulière que nous n'avons vue mentionnée qu'ici.

6) Nom breton de saint Gildas.

7) Cette expression de cueillir le vent n'appartient pas au narrateur breton, mais à Albert de Morlaix.

8) Le narrateur breton ajoutait ici un détail que nous n'avons pas osé traduire. Il disait : « Je me marierais du moinsau mendiant que j'aurais choisi, et nous pourrions, comme on dit dans le pays,

Frita lawën pawrentez,

Var a billig a garantez.

Mot à mot :

Frire les poux de la pauvreté

Sur la poêle de l'amour. »

9) Cet usage existe encore en Bretagne. Le narrateur donne ici, comme d habitude, aux personnages du conte, les mœurs de sa propre classe.

10) Maro rust, mort violente, en breton.

11) An tour-creis, nom donné au donjon à cause de sa position dans l'ensemble des constructions.

12) Hanter-noss, le nord. Mot à mot : moitié nuit ou minuit, c'est-à-dire ce qui est opposé à midi.

13) Coutel-las, couteau à tuer, dont est venu le mot français coutelas.

14) Exclamation de douleur qui n'a pas d'équivalent en français.

15) Au dire du légendaire Albert de Morlaix, Comorre ne périt point dans cette ruine du château, et se réfugia ailleurs ; mais, sur la plainte de Guerok, les évêques de Bretagne s'assemblèrent « pour retrancher ce membre pourri du corps de l'Église. Cette assemblée se fit en la montagne appelée Menez-Brée, prés Louargat, entre Belle-lsle et Guingamp; car ils n'eussent osé s'assembler en aucune ville, de peur de ce tyran, lequel ayant tué le roy Johava et Jugduval, son fils, hors du pays , faisoit ce qu'il vouloit par tout ce bas pays.» Les évêques fulminèrent du lieu de leur réunion une excommunication contre Comorre, qui, selon l'historien Le Bault, « vida aussitôt ses entrailles comme Arius, » ou, selon d'autres, « vomit son âme avec son sang. »

Emile Souvestre, Comorre (Pays de Tréguier) in Foyer breton (Contes et récits populaires)(1853), tome 1, Ed. Michel Lévy Frères, Paris, 1858, p. 45-62.

Site archive.org, consulté le 24 juillet 2026 :

https://dn760009.eu.archive.org/0/items/lefoyerbretoncon00souv/lefoyerbretoncon00souv.pdf

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